GALIBOT - Catabase -

GROUPE: GALIBOT

TITRE ALBUM: Catabase

LABEL: Les acteurs de l’Ombre

DATE DE SORTIE: 2026

Faisant partie de cette nouvelle génération de groupes inspirés par le black metal qui revendique (ou pas) la dernière vague du black metal originel, GALIBOT prend tout de même les essences du mouvement (musicalement parlant) pour s’octroyer le plaisir d’offrir un black metal savoureusement bien écrit et loin d’être ennuyeux et sirupeux.

Il est évident que faisant dorénavant partie de l’écurie LADLO, vous n’irez pas chercher un black metal sauvage dans son authenticité, mais en fait plutôt violent dans sa sincérité. Et pourtant quand on écoute le groupe, sur leur première production, on y appréciera sur de longs endroits leur amour pour Emperor.

GALIBOT est jeune dans sa formation, mais déjà bien rodé dans sa manière de composer. En effet après la sortie de « Euch Mau Noir » en 2024, on s’aperçoit que 2026 fera parler coup sur coup de ce jeune groupe. D’abord parce que la signature avec les ténors du black metal contemporain leur a valu une réédition de ce « Euch Mau Noir » en bis mais non repetita, avec un changement de couleur (et pas que visuel) puis le rajout de deux titres dont l’excellente nouvelle version de « Schlamms ».

Mais ça en fait on s’en fout ; coup sur coup parce qu’ à cette réédition (ce premier mini album) fait rapidement suite « Catabase », qui bien que seconde réelle production, celle-ci a plus les airs d’un véritable premier album.

GALIBOT propose d’abord textuellement la découverte des contrées nordiques de l’hexagone avec une vision beaucoup plus authentique et torturée, beaucoup plus sombre bien sûr que certaines productions du « septième art » ayant mis à l’honneur les « Ch’tis » . Car ici avec une raison certainement plus travaillée et sérieuse, au travers de son black metal agressif mais mélodique, GALIBOT soumet à votre approbation quelques ouvertures de fenêtres avec un regard noir sur l’industrie , les corons, les mines de charbon et donc l’héritage de ces contrées. Une thématique déjà peu mise en avant dans la musique extrême.

Mais ici GALIBOT s’empare véritablement de cette vie de misère pour lui rendre hommage dans une musique encore plus profonde, encore plus solennelle et sincère sur ce nouvel album « Catabase ».

Un album d’une
auguste noblesse et d’une intensité incroyable.

D’une
auguste noblesse parce que ce digipack met réellement en valeur le bassin minier et vous entraîne dans un abîme ténébreux et rempli d’histoire(s), sur un artwork et un lay out de Roy de Rat offrant un décor ultime du monde dans lequel vous pénétrez avec « Catabase ». Les couleurs et la mise en valeur du logo de GALIBOT sur ce digipack à la texture somptueuse (ce que vous ne pourrez jamais avoir en numérique) sont d’une qualité supérieure qu’il est obligatoire de mettre à l’honneur.

D’une intensité incroyable parce que l’album démarre sur des chapeaux de roue juste après l’introduction tellement réaliste « Catabase » annonçant une descente aux enfers à la découverte d’une explosion de puissance. Une évolution rapide se constate sur ce nouvel album, avec « Jeanlin ».
« Jeanlin »
qui brille avec véhémence où l’on peut apprécier les lignes vocales claires de leur hurleuse Diffamie (des vocaux clairs dont vous aurez plusieurs passages anecdotiques durant l’album) . Et c’est sur cette première chanson dont la production est signée Julian Baquero/ Francis Caste (que l’on ne présente plus) que ces nordistes viennent asseoir leur maturité et imposer leur force.

GALIBOT a pris du relief par rapport à « Euch Mau Noir » et arrive déjà à écrire un black metal impressionnant de sagesse où plusieurs générations d’inspirations viennent se compléter tout au long de l’album.

A partir de là, ce qui vient à vous, c’est une avalanche de titres impressionnants de robustesse et de hargne dans un black metal qui se voulait contemporain mais qui devient tout à coup intemporel.

En puisant son inspiration dans la violence d’antan et le déchaînement actuel, GALIBOT arrive à écrire un album indispensable en peu de temps.
« Bleu noir rouge » et les sonorités d’un accordéon discret, ou l’environnement très 90’s de « Voreux » dans ce black metal pourtant ancré dans le rancissement de ces dernières années
à la Otargos, conservent cette magnificence noire avec des rythmiques d’une régularité sans faille , des doubles vocaux et un lead aux allures guerrières.

Quatre titres et quatre titres épiques où l’on s’enfonce petit à petit dans cette mine sombre et austère.

Tout l’album est construit dans la passion et l’émotion. Tandis que « Baptise terre » vous enfonce encore et toujours en tant qu’instrumental dans les profondeurs avec ici aussi une incommensurable majesté, GALIBOT poursuit sa route sur cet album dont l’avenir semble déjà tout tracé.
Le titre révélé « Penitent » se place au centre de l’oeuvre, où l’on retrouve les vocaux clairs qui adoucissent presque l’image du groupe (heureusement passage
s subtils mais courts) , pour mieux repartir dans cette lancée haineuse.

Une lancée haineuse parce qu’avec « Les montagnes poussent sous terre » on retrouve aisément cet état d’esprit plus primaire guidé par les âmes des vieux Dark Throne de l’époque de « Panzefaust » avec du riff à la « Quintessence » mais mieux produit, dont la portée se veut plus mélancolique que diabolique. Mais tels sont aussi les environnement du black metal de maintenant.

Un titre qui prend un envol phénoménal où les guitares se subliment les unes aux autres et où le chant vous guide dans la souffrance.

C’est certainement les textes d’aujourd’hui qui diffèrent vraiment de l’état d’esprit black, car le mal est humain et non plus déifié. Alors que GALIBOT vous propose la pause dans l « Estaminet » avec une musique aussi noire que leur café, c’est encore une fois un petit clin d’oeil à Emperor qui vient à point nommé avec un rappel au début de riff de « I am the black wizards » alors que ce titre prend une tournure beaucoup plus death metal en son centre.

En effet GALIBOT s’auto-mutile pour faire apparaître des riffs qui vous ordonnent de vous battre dans une brutalité plus blackened/death core. Et le mélange des deux avec le rapide rappel de lead ultra aiguisés juste après, est simplement savoureux.

Ainsi ira l’album jusqu’à son terme sur les trois derniers titres, de « Terril » à « Mesektet » en passant par «  Saint Cordon », GALIBOT ne déçoit pas et mène l’auditeur jusqu’au terme de sa descente aux enfers (comme l’indique le titre de ce nouvel album) jusqu’au royaume des morts que vous pouvez admirer sur l’intérieur du digipack.

Avec un tel niveau d’excellence,
attention à ne pas tomber de haut lorsque l’on écrit quelque chose qui inspire le respect musical , parce que lorsque la barre est excessivement haute, il faudra alors savoir prendre du recul pour se hisser toujours plus haut. GALIBOT devra être vigilant sur sa prochaine production, pour conserver le niveau. Mais en attendant voici quarante et une minutes qui explosent plus fort que le coup de grisou tant attendu.

Arch Gros Barbare

21/04/2026