CORPORAL PUNISHMENT-BREAKDUST-SILURE
LEMBAR’ZIQUE 07/12/2019
Et si on était dans un monde où les bars concerts fermaient les uns après les autres, et si la culture n’était devenue qu’un vil produit marketing où l’on peut accrocher des bananes scotchées à un mur vendues à qui a suffisamment de billets pour se torcher la rondelle ?
Le monde ne serait-il pas devenu si triste, si tel était le cas ?
Heureusement dans les coins les plus reculés, au milieu des terres arides , dans une ruralité à toutes épreuves, survivent encore des irréductibles amoureux de l’art musical qui font encore et toujours vibrer tant les cordes vocales que les cordes de guitares. Et parmi ces irréductibles, il en est un qu’on appelle Mat (car pour garder l’anonymat, on taira son vrai prénom).
Et ce Mat, en changeant une lettre avec la facilité d’un simple pet, tout le monde sait que c’est une véritable pâte. Nous parlons ici du taulier de l’oasis « dordognot », le patron du Titty Twister Lembrasien qui justement embrase chaque fois les chevelures de métalleux (pour ceux qui en ont encore) où les minous minous ne viennent pas sucer le sang des clients , mais où l’on passe un véritable moment convivial, amical , musical et magnifique à l’intérieur de ce bar scénique qu’on appelle tous le Lembar’zique.
Ce 07 décembre 2019, était donc une soirée thrash, une soirée death, une soirée old school, une soirée sombre, et comme l’aurait dit Jean-Pierre en guise de dernier mot : Une Sacrée Soirée.
Organisée une fois de plus avec l’aide de The Unanswered Society, cette affiche qui se déroulait dans cet antre de débauche musicale, recevait trois formations qui ont laissé un public plutôt satisfait, et chaque minute qui passait donnait soif, mais surtout faisait monter la température suffisamment haut pour que les gouttes luisent sur les crânes chauves des plus démunis.
CORPORAL PUNISHMENT
Groupe Toulousain, qui est venu avec quelques potes, a ouvert le bal, avec plutôt pas mal de réussite, pour cette formation qui au départ était une formation de reprises qui faisait honneur au death metal old school. On a pu découvrir d’entrée de jeu, leurs propres compositions, où un death old school s’entend bien, avec un côté relativement sombre, a mis tout le monde d’accord sur le fait que Corporal Punishment, ne fait pas de la daube, et envoie une bonne sauce qui prend. A voir sur la durée, mais l’amorce est plutôt bonne. Après ces compositions personnelles qui auraient pu tout aussi bien être disséminées de-ci de-là entre les reprises, Corporal Punishment a balancé sa moisissure en plein dans les naseaux d’un public gourmand avec que des morceaux qui ont décoincé les têtes vissées sur leur anus. Entre Hypocrisy, du Illdisposed époque « Return From tomorrow », du Morgoth, du Napalm Death issu du grand « Harmony Corruption », et cet indétrônable « Slowly we rot » de Obituary , il n’y avait aucune rature, et ces covers ont su faire sortir les plus timides de leur prépuce, pour les voir se déhancher le pelvis comme le King.
BREAKDUST
Il fut un temps où les thrasheurs girondins écumaient les salles , il fut un temps où BREAKDUST sortait un « Baleful world » qui déchirait les sphincters, alors quel plaisir de revoir sur scène ces cinq potes toujours aussi souriants, toujours aussi généreux, toujours aussi à l’aise autant sur scène qu’à la selle. Les Breakdust ont assuré sévèrement, même quand les cymbales tombent de scène, même quand la basse fait des pains, même quand Chon nous fait l’honneur de porter un t-shirt des Bérus. Alors salut à toi ô mon frère !
Oui, Breakdust a craché son venin comme d’hab sur son « Come to challenge them », bizuté du scout sur « fuck you shut up listen or go » et joué ce nouveau morceau déjà vieux plus sombre et plus noir que ce qu’ils ont déjà écrit auparavant. Les voir en terre étrangère, était un véritable plaisir et leur bonne humeur était communicative, parce que les gars ont mis le feu. Attendu qu’ils sortent un album tous les cinq ans, et que le prochain est comment dire….un peu...avancé… On devrait espérer les revoir très bientôt sur plein de scènes avant la retraite, enfin si elle existe encore. En tous les cas Breakdust a fait son office et le public a apprécié.
SILURE
La mort, le brouillard, la force, la puissance. Le death metal de Silure n’a pas besoin de fioritures, ni d’artifices, ces musiciens écrivent un death metal qui prend toute sa dimension en live, rien à voir avec leur démo trois titres. Ce soir le groupe a pulvérisé la scène, comment ne pas apprécier leur style compact, noir, comme les groupes tels que Dead Congregation ? Silure s’impose sur scène avec une simplicité tellement naturelle que le public prend une branlée phénoménale. Les titres qui ne sont pas présents sur la démo, sont encore meilleurs, l’instrumentale a rempli la salle de ténèbres, et les membres du groupe ne perdent jamais pied et contrôlent avec passion chaque note et chaque instant. Avec des vocaux dignes d’un Van drunen , démoniaque à souhait Silure possède la scène et le public en même pas deux morceaux. Les changements d’instruments, la chute du vibrato rien ne pouvait enlever la puissance de leur death metal. Actuellement sur la scène death metal old school française, il est quasi certain que ce groupe met la fessée à pas mal de trendies, et c’est indubitable.
Les reprises de S.O.D avec « Milk » ou de Sepultura avec « Troops of doom » ont également mis en exergue l’attachement véritable que le groupe porte lui aussi pour les scènes des années 80 et 90, qui comme tout le monde le sait sont les meilleures.
Enfin bref, Silure est un de ces groupes qui restent dans l’humilité, mais qui écrivent un death metal plus pertinent et percutant que la plupart des « putaclics ». Un peu de grossièreté n’a jamais tué personne.
Soirée parfaite, belle petite affiche underground, endroit parfait. Parfois loin des grandes agglomérations, on découvre des trésors.
Arch Gros Barbare
08/12/2019
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