MIASMES - Violence, blasphème et pourriture-

Groupe : MIASMES

Titre : Violence, blasphème et pourriture

Label : Les acteurs de l’ombre productions

Année : 2026

Véritable rencontre « physique » avec MIASMES, beaucoup d’échos depuis 2023, depuis « Répugnance »… Des mots ressortent tels que « primitif », « raw » « authentique » « sauvage ». Mais à dire vrai, pas forcément d’attrait particulier à ce moment là en 2023, vu que la scène devient répugnante à tous les niveaux et qu’elle se sature elle-même. Pourtant le hasard de la vie, car il en reste un peu, amène parfois bien des surprises. Alors en fait en découvrant ce nouvel album, et en remontant le fil du temps jusqu’à « Vermines » (en se disant qu’on a manqué quelque chose) , on se rend compte que MIASMES est à la musique blackopunk brutale ce que les miasmes sont aux odeurs malodorantes : une infection létale.

Tandis qu’il reste peu d’espoir à la beauté, au milieu de nulle part, tapis dans le noir de notre vieille France se trouvent encore des groupes qui savent écrire la viscosité de toute ignominie.
Deuxième album pour MIASMES, avec des musiciens qui ont une histoire, des humains qui ont ce vécu nécessaire à l’expression de leur musicalité (au vu des groupes dans lesquels ils ont évolué), parce qu’il ne s’agit pas de savoir bien jouer, voire excellemment jouer, pour faire de la bonne musique, non, il faut raconter quelque chose et donner envie à ceux qui l’écoutent, de porter une réelle attention à ce qui se dessine devant eux.
Et bien qu’il fasse sombre au milieu de cette violence, de ces blasphèmes et de cette pourriture constante, MIASMES régurgite en musique tout les maux actuels d’un monde en perdition. Et c’est sur un digipack quatre pans d’une qualité mate irréprochable que ce nouvel album de MIASMES arrive ce mois-ci pour crever l’abcès purulent qui vous gonfle les gencives depuis un petit moment.
Rien de réellement nouveau sous le soleil caniculaire, car MIASMES écrit du rock’n’roll d’aujourd’hui, celui qui croustille sur des guitares et de la basse dont les cordes ont trempé dans la 8.6. Bien sûr que ça pue la sueur et le chien mouillé qui pisse sur ton matelas où tu fais tes rêves dorés, tandis que la crasse te sert de draps.

Après trois ans de dormance éthylique MIASMES revient donc agressif et violent au possible avec un son totalement roots sur la taperie autant que sur les cordes. On se rappelle une certaine époque où les Impaled Nazarene dominaient la planète en osmose totale avec les sorties du label du même nom. Parce que MIASMES ne débande jamais, ça croustille du punko/crust à chien, sur un fond de brutalité blacko finlando-suédoise à la française, pour mieux balancer ces onze déjections dans la gueule des touristes venus ici par hasard. Et c’est pas la peine d’espérer, il n’y a pas de sacs ramasse crottes. Non tu prends et tu sens.

Tu sens d’abord la violence, parce que vu comment ça gueule dès la première seconde, évidemment que MIASMES n’est pas là pour faire du crochet, à moins que ce ne soit celui du droit ou celui du gauche. Chicots au sol parce que ça speede comme une descente aux enfers, le trio démoniaque emballe son public avec de la rythmique ultra intense et encore une fois sur une production cinglante, tellement loin de ce synthétique et cette plastique qui nous bouffe l’âme comme un cancer de l’esprit depuis trop d’années.

MIASMES c’est du punk, c’est du vieux rock’n’roll et ça s’entend sur « Déchéance » qui entre en scène pour mener la danse. C’est un peu comme si Dark Throne était revenu à des ambiances hyper punk ( ah , diantre, c’est fait) , mais avec une inspiration autrement supérieure et une violence autrement impulsive.
MIASMES garde tout de même quelques réminiscences de death/thrash résiduelles dans certains passages, notamment sur « Ecorché » , mais dans l’ensemble, c’est un album guidé par l’amour de l’anarchie qui se propose à vous en ce mois de septembre 2026, en ce début d’automne.

Tu sens ensuite la puissance et la profondeur, parce que sur un titre tel que « Possédé » on s’avance un peu plus vers le blasphème, avec des rythmiques plus sombres et plus posées. Un peu comme s’il fallait ralentir pour mieux vous faire vomir, pour mieux vous imposer l’insoutenable. Et MIASMES le réalise à merveille parce que ce morceau est d’une puissance horrifique et porte en lui, un peu, une espèce d’hymne maléfique et pour tous ceux qui aiment Marduk vous comprendrez.

Tu sens ensuite l’odeur du trépas avec un titre qui te consume et qui par sa chaleur sur ses mouvements te réduit littéralement en « Cendres », ça speede encore dans un black/punk brutal qui explore tout de même quelques folies plus glauques dans le ralenti.

Et c’est ainsi que tout l’album se poursuit, entre un « Vomi » qui ne laisse aucun déchet se raccrocher à tes aspérités, le royaume des rats se dessine devant toi, et désarmé on assiste à un déferlement de violence sur « Catharsis », « Agonie », « Horde » ou encore « Redemption ». MIASMES domine son sujet et le sujet c’est toi.

Pour terminer, comme si finalement, c’était logique dès le départ, en si disant « Mais oui ! C’est ça !! » ; MIASMES vous pond une reprise de Motorhead « In the name of tragedy » tiré de « Inferno » sorti en 2004, dans une parfaite alchimie. Une parfaite alchimie parce que Motorhead étaient trois également, parce que le rock’n’roll coule à flots, parce que les riffs de ce « In the name of tragedy » colle parfaitement à la peau d’iroquois de MIASMES et que pour terminer en beauté cette setlist de crevards, rien n’aurait jamais pu mieux tomber que cette reprise qui donne envie de faire la bagarre .

Prendre son temps, c’est ce qu’il y a de plus précieux et que l’on perd de vue chaque année, pourtant MIASMES en a pris trois, et ça se sent parce que cet album c’est du nectar...
et on le sent en plusieurs endroits. Et rappelez-vous, ce n’est que de la musique.

Arch Gros Barbare

15/09/2026