BADASS COMMANDER - Intense combat experiment -


10 juin 2026

BADASS COMMANDER.jpg (150 KB)

GROUPE: BADASS COMMANDER

TITRE ALBUM: Intense combat experiment

LABEL: Crypt of Dr gore

DATE DE SORTIE: 2026

C’est l’humeur du moment qui guide une écoute de cd. Et l’humeur peut parfois être grognon-combative, vu la conjoncture actuelle une fois encore, car on s’enlise dans la chienlit la plus totale à tous les niveaux.
Alors c’est cette envie d’agressivité qui prend le dessus et pour mieux faire redescendre la pression quoi de mieux que du gros death qui suinte.

Alors c’est vrai que le visuel de ce premier album de BADASS COMMANDER ne laisse pas vraiment présumer ce qu’il y a à l’intérieur, parce que l’artwork de Max Brouemaster offre une vision plus grind et nucléaire que ce que propose BADASS COMMANDER.
Et en fait non, pas du tout, c’est un death metal poilu et velu qui pose sa moisissure sur le duvet de vos oreilles pendant presque une demi heure. Quelque chose de succinct mais qui vient à point nommer faire sonner le tocsin.

Les québécois savent faire ressortir ce qu’il y a de plus primaire et qui vient de l’ancien millénaire. Le style de BADASS COMMANDER se situerait plutôt vers un mélange insidieux sur la première partie d’album, de death metal putride qui va chercher dans des riffs plutôt américains à la Incantation, comme avaient su le faire les excellents Brutal Rebirth ; avec cette particularité que BADASS COMMANDER mélange des sauvageries à la Order From Chaos avec le death/grind pulpeux de projets tels que Defecation.

On y retrouve de multiples ambiances très underground sur « Obey the commander » ou encore « Shards of metal » qui posent une atmosphère de mort bien pesante, hommage guerrier à des groupes anglais comme Bolt Thrower.
Ça bute sévèrement et c’est pas pour les enfants. Les hommes-soja en tomberaient de leur trottinette et vomirait leur Quinoa.

BADASS COMMANDER c’est un condensé de brutalité sans tomber dans l’extrême ou l’ultra brutalité. Au contraire les gonzes gèrent leur vitesse, tout en crachant une violence morbide. On l’écoute bien sur les riffs caverneux de « Shard of metal ».
ça s’enfile comme parent 1 dans parent 2 avec des titres traditionnels où les rythmiques sont là pour labourer et pas pour se masturber le cortex. Ainsi s’enchaîne « Worst enemy » qui en fait là encore prend dans le death ricain de la fin des années 80, avec une ambiance proche de « Scream bloody gore » sur ce titre là spécialement.

Cette impression de déjà entendu à la manière d’un hommage véritable et un regard tourné vers l’âge d’or du Death metal font ce de premier album de BADASS COMMANDER quelque chose de noble.

Et quand on arrive à « Intense combat experiment », ce petit morceau qui ne paye pas de mine mais qui prend un son de guitare très Carcass sur « Symphonies of sickness » on sent alors malgré tout que les canadiens ont en effet le grind dans leurs veines. Les riffs sont plus gore, la voix plus « gerbilatoire » à tel point que ça vient confirmer définitivement la très bonne qualité de cet enregistrement.

Le son n’y est pas non plus pour rien, la production met le doigt sur l’authentique et quand on écoute « Endless darkness » on se rend bien compte du travail d’artisan réalisé pour donner une couleur réellement unique aux riffs avec une batterie qui sonne comme une batterie et pas comme un tempo de techno, c’est frais et ça sent le vrai.

On retrouve au travers de ces dix titres un esprit qui se perd de plus en plus et qui pourtant sera à tout jamais écrit dans le marbre, ce genre de death metal un peu grind à la Terrorizer, oui Terrorizer c’est ça aussi que l’on entend sur « Endless darkness » et pour tous ces bons moments, c’est clair que vous découvrirez avec ce « Intense combat experiment » une branlée atomique.

Voici donc un album discret mais dont le contenu n’a pas de prix. Presque trente minutes , du riff qui tient au corps, de quoi tenir pendant les années de misère et les « restrictions budgétaires ». Alors sans l’ombre d’un doute, investissez dans l’achat de cet album parce que la vie est trop courte. Il faut vivre le moment présent.

Arch Gros Barbare

10/06/2026