10 octobre 2026

Groupe : CRUEL FATE/SAVAGE ANNIHILATION
Titre : Cruelle annihilation
Label : Crypt of Dr Gore
Année : 2026
C’est pas la fête du split !!
Les bons vieux split qui tiennent bien les balloches à leur place, pour se taper du bon gros death metal de malfaisants, y a que ça de vrai. Et autant les italiens sont yeutés par Great Dane records, autant la Crypt adore le Grand Nord, les caribous et les canadiens. Alors après le petit live et leurs deux albums, les bûcherons de CRUEL FATE reviennent pour un second split, cette fois-ci avec les furieux de SAVAGE ANNIHILATION. Le tout en examen chez le Doc et nous voilà avec une vieille prod d’anthologie qui réunit deux groupes de vieux briscards qui ne pensent qu’à vous faire du mal avec leur musique de brutes épaisses. La rondelle n’a aucun répit et c’est sans épilogue que vous irez chez le proctologue.
Pas de chichi, pas de dentelle ni de petit doigt levé pour le thé (c’est pour ta tante anglaise ça) , c’est bel et bien du death metal que vous allez écouter. Alors attention pas du riff gras qui n’a pas d’objectif de vie pour faire chavirer le coeur des rebelles à la moustache pas plus épaisse qu’un jet d’amour en gelée lors d’une biffle (pardon…), mais plutôt de la noirceur, de la violence, de la brutalité et...du talent.
On commence donc cette « Cruelle annihilation » avec CRUEL FATE. C’est gras et c’est assez posé pour profiter d’une rythmique dégeu-crade digne des projets de Kam Lee. CRUEL FATE, va chercher la rythmique lourde avec une batterie bien charnue . « L’Ivresse du carnage » est un hymne au massacre, ça tombe bien on parlait de Kam Lee.
Trois titres seulement par boucherie pour à peine vingt trois minutes, c’est court, mais c’est toujours plus long qu’un coït de baleine (oui, va chercher il paraît qu’il y a de l’IA pour te renseigner).
CRUEL FATE c’est du death metal « de base » , avec à la base du gros poil sur le riff, une voix aussi grasse qu’une toux rocailleuse de bébé nourrit à la bronchiolite et un semblant de bonne humeur pour te faire danser la cucaracha dans le salon. Pas à un seul moment vous n’aurez l’occasion de dire que c’est de la merde, car les oreilles tombent en lambeaux de chair, avec un vrombissement de basse à la Motorhead, tandis que « Cortege cadaverique » fait office de feu d’artifice sur cette première partie de split. CRUEL FATE ouvre le bal avec ces trois titres merveilleusement bien. Ça suinte le sébum et ça glisse tout seul, les guitares sur le dernier titres chantent la mort dans une agonie lancinante.
Mais comme si la cruauté n’était pas assez , ce split procède à l’annihilation la plus complète de qui vient à l’écouter.
SAVAGE ANNIHILATION entre en scène, et la couleur est la même, c’est du death, c’est violent et c’est noir. C’est d’autant plus noir que SAVAGE ANNIHILATION est devenu avec le temps, maître de ténèbres . On retrouve leurs ambiances épaisses sur « Cruauté d’une destinée démoniaque » avec des solos de l’autre galaxie comme l’ange morbide savait le faire, tandis que la voix de Dave est nettement plus heavy à la Kiske… Ah non pas du tout, c’est encore plus étouffé comme une meurtre avec un coussin (c’est une métaphore, pour de fauuuuuuuux, les sociopathes ne sont pas bienvenus). SAVAGE ANNIHILATION domine encore tellement son death metal putride que « Codex dissectio subterrea » ne désarçonne jamais avec ses changements de mouvements sur des vitesses pachydermiques à enfoncer le clou jusqu’au fond des poignets, quitte à vous amener jusque « vers l’horreur et la mort ». L’ambiance n’ est pas la même qu’avec les canadiens, mais qu’est-ce qu’elle poutre jusque dans l’oeil droit et se marie tellement bien.
« Vers l’horreur et la mort » pose les fondations d’une suite à « Quand s’abaisse la croix du blasphème » et prouve assez facilement que SAVAGE ANNIHILATION est devenu une figure de proue du death metal putride français.
A cela ajoutons que le cd est fourni avec un fourreau pour vous laisser la surprise des dessins de Mocky, alors que pour ceux qui ont eux de la chance, la version vinyle offre encore plus de dessins , dont un différent pour chaque groupe. Le collector ça se travaille et c’est pas en streaming que tu pourras trouver ça.
Voici donc un split à choper obligatoirement qui montre que CRUEL FATE et SAVAGE ANNIHILATION peuvent bien s’entendre mais surtout se faire entendre. Jamais les acadiens ne se seront autant accordés avec les pralines.
Arch Gros Barbare
10/10/2026