01 février 2026

GROUPE: ADX
TITRE ALBUM: L’empire du crépuscule
LABEL: Verycords
DATE DE SORTIE: 2024
Un des buts premiers d’un album et de la musique en général, entre autres, c’est de marquer l’histoire de la musique, et d’être intemporel. ADX a déjà réussi l’exploit d’être un groupe intemporel, parce que depuis le tout début des années 80’s, il est certainement un des plus anciens groupes français (ici dans le heavy/speed) si ce n’est le plus ancien, à avoir une discographie bien remplie et à continuer de brûler les planches tout en offrant des albums de qualité avec une énergie débordante. Il ne lui reste qu’à marquer définitivement l’histoire si ce n’est déjà fait.
ADX c’est effectivement une histoire d’amour et de jeunesse pour ceux qui ont l’âge d’être vos pères et mères, vos grand-pères et vos grand- mères aujourd’hui, parce que si le groupe existe depuis 1982 à peu près, les premiers albums du groupe ont laissé une marque indélébile pour les ados des années 80’s. C’est clair que le triptyque « Execution- La Terreur- Suprématie » présente des albums qui resteront à tout jamais dans le coeur des jeunes chevelus de ces années, là. Avec d’autres groupes évidemment tels que Satan Jockers, Blaspheme, High Power, Killers ou autres Warning bien sûr, il représente l’arrière garde d’un style bien singulier, mais ADX n’a jamais vraiment rien lâché et aujourd’hui ils sont le fer de lance, le porte étendard d’une époque dite à mauvais escient « révolue » avec des musiciens qui savent écrire du heavy speed hors du temps qui frappe et touche à chaque sortie d’album ; tout en ayant réussi un virage plus agressif réellement mélodique ces dernières années. On ne peut parler d’ADX si l’on ne parle pas non plus de « Division blindée », de « Immortel » ou de « Bestial » et la sortie de « Etranges visions » qui revisitait le « Weird visions » de 1990.
Avec le temps et l’eau qui a coulé sous les ponts, ADX est devenu un de ces majestueux piliers de l’histoire de France dans sa musicalité et l’histoire de France est plutôt bien présente dans les visuels et les paroles de ADX sur leurs premiers albums, mais aussi sur ce dernier album « L’empire du crépuscule ».
Alors il est encore et toujours temps de parler de cet album sorti en mai 2024 et il est juste de dire que normalement il est toujours en train de passer sur les platines des amoureux de la musique et non pas de boulimiques du son qui prennent et qui oublient deux semaines plus tard.
Les nouveaux mouvements de line-up en 2023 n’ont pas forcément altéré l’essence même de ADX car l’on retrouve cette personnalité bien franchouillarde qu’ ADX porte haut et fort depuis toutes ces années, ceci étant aussi bien dû à la voix atypique de Phil qui aura joué les chefs d’orchestre depuis 1984.
On se retrouve donc, presque deux ans après sa sortie à encore écouter ce dernier album qui ne sera bientôt plus le dernier car au moment où vous lisez ces lignes, le groupe enregistre les titres pour son prochain album.
En attendant il est agréable si ce n’est jouissif de se replonger encore et encore dans ce dix titres qui respire la révolution avec une pochette dignement signée Stan W Decker et une production aux couleurs pleines de relief qui s’élève largement à un niveau international.
Si la musique de ADX sur cet album a pris plus d’agressivité, c’est parce que dans son heavy speed légendaire elle flirte bien volontiers avec le heavy thrash et ce n’est pas pour vous déplaire. Certainement que les mouvements de musiciens y ont joué un petit peu, mais le ADX 2024 traverse une fois de plus les générations pour offrir un album riche de mélodies et d’énergie. L’introduction des « Charognards », avec un refrain d’anthologie sans compter des harmonies de guitares exotiques offre à ce morceau qui a la dure tâche d’ouvrir le bal, une noblesse indétrônable. Mais alors que déjà le style était plus que profondément affirmé c’est « Tout en puissance » qu’ADX enfonce un clou déjà bien entamé. Car c’est vrai que la puissance est aussi ce qui ressort de cet album. Le chant de Phil joue et s’entremêle à la perfection aux mouvements tantôt mélodiques et tantôt plus hargneux proches d’un thrash mélo que proposent les morceaux. Et en deux morceaux c’est déjà acquis que cet « Empire du Crépuscule » est un album bien écrit et imposant.
Si l’on traverse les âges au gré des paroles de la révolution française à la dernière guerre la plus totale, ADX a le pouvoir d’assombrir ses morceaux d’une manière tellement personnelle que le groupe envoûte l’écoute d’un filtre hermétique qui vous entraîne dans l’arène avec cette envie de saluer l’empereur sachant que l’on va mourir et il n’y restera que la force et l’honneur.
Les refrains sont brûlants, le speed des guitares sur « Le malgré-nous » fait lever la poussière et colorise l’album pour donner réellement vie aux chansons. Ce titre est incroyable de rapidité, de mouvements différents, d’envolées vocales, car ADX réalise une démonstration de style où l’on reste interdit tellement les rythmiques sont savoureuses. Le combo avec « Paradis royal » se fait dans la douceur, car l’outro de « Le Malgré-nous » vient à point nommé pour laisser glisser les riffs speed mais ultra mélodiques et harmonieux de ce terrible « Paradis royal ».
Avec ces titres ADX montre qu’il vient avec suprématie dominer son sujet et écrire des chansons addictives, car « Paradis royal » est une source chaude qui vient exploser comme un geyser vu que cet album est indubitablement effusif et c’est bien du magma brûlant qui s’échappe de tous les morceaux.
Vous n’y échapperez pas, écoutez-le si vous n’avez jamais prêté une oreille, réécoutez-le si vous l’avez trop longtemps laissé prendre la poussière, car « Le couvent des possédées » est d’une noirceur bien ténébreuse avec toujours une envolée de guitare qui réchauffe le coeur (et dont la fin semble faire un petit clin d’oeil au passé) , tandis que « Septembriseurs » vous baigne dans le sang et que l’instrumentale qui fait office de finale, « Paris un 13 » rappelle aisément la grande époque d’un « Suprématie » (sur l’intro « Nostromo ») jouant avec cette modernité qu’ADX a su adopter et adapter.
Titre terrifiant de personnalité « L’empire du crépuscule » en contradiction avec lui-même, brille toujours de sa plus belle majesté. ADX était et ADX demeure. Et c’est encore avec autant d’ardeur que le prochain rejeton sera accueilli...
Arch Gros Barbare
01/02/2026