CRAZY HAMMER -Resurrection-


24 mars 2020

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Groupe : CRAZY HAMMER
Titre : Resurrection
Label : Autoproduction
Année : 2020

Lorsqu’un groupe français, né dans les années 80’s, qui avait enregistré un album jamais vraiment sorti, et surtout composé d’ex-Killers (Alain Garces), d’ex-Manigance (Didier Delsaux et Daniel Pouylau), revient avec un premier album finalement intitulé « Resurrection », évidemment que la curiosité est aiguisée !!

CRAZY HAMMER c’est la voix de Didier Delsaux, cette voix exceptionnelle, si reconnaissable, si envoûtante, si majestueuse ; mais ce sont aussi des titres de hard rock /heavy metal offerts généreusement, parce que le groupe a sans doute eu envie de donner en pâture au public un maximum de mélodies, puisqu’on en dénombre douze. Douze morceaux écrits forcément à la fin des 80’s et au début des 90’s, réenregistrés et mijotés à la sauce d’aujourd’hui, dont on en retrouve certains qui proviennent de cet album de 1988, tels que « L’aube des destructions », « Crazy hammer », « Illusions perdues », « l’Ange du mal », ou encore « Les jours d’après ».

C’est un album qui contient un subtil mélange de titres tantôt chantés en français, tantôt en anglais où les ambiances fusionnent ; des ambiances parfois très chaudes sur les guitares comme « Crazy hammer » où Didier Delsaux se lâche considérablement, et d’autres ambiances nettement plus heavy speed comme « Land of fire » qui tire nettement plus du côté de Helloween autant dans les guitares que dans la vitesse ou les lignes vocales, avec un petit côté Edguy par endroits.

Alors, bien-sûr, même si esthétiquement, on pourrait lui reprocher la simplicité de son booklet, là où l’on aurait aimé beaucoup plus de photos de l’époque, les paroles et sans doute l’histoire du groupe et un artwork plus fouillé, on peut amplement penser que finalement, cet album de vieux tubes, car il s’agit réellement de tubes, est certainement une mise en bouche permettant de patienter quant à l’écriture de nouveaux titres certainement.

Cependant, « Resurrection » nourrit son homme avec constamment des envolées de guitares où les solos dominent, où les rythmiques fulminent (« Sit down and wait ») à en prendre des ambiances parfois très Judas Priest (Ready to fight »), proches de « Electric eye » qui ne sont pas piquées des vers.

C’est tout de même un déferlement de riffs hard/heavy/heavy speed qui défilent dans vos oreilles avec l’âme et l’écriture des grands noms du hard français, notamment sur un titre tel que « Illusions perdues » où la basse/batterie mène la danse pour que la voix tantôt doublée, tantôt sublimée, se marie à merveille à en avoir la splendeur éternelle des Sortilège, Killers et autres High Power ; un titre épique, profond et plein de mélancolie à la française, surtout dans son break langoureux, très 80’s.

C’est avec un plaisir sans fin, une joie incommensurable que l’on découvre des chansons très chaleureuses qui, chantées en français ou en anglais, mettent autant l’auditeur en émoi. En effet « l’Ange du mal », « Les jours d’après » sont des hymnes au heavy metal français comme on sait l’écrire ; c’est la mélodie qui importe à chaque seconde et ce, toujours au service de la musique elle-même. Avec des facettes qui rappellent Accept (« L’Ange du mal », « Break the wall »), conservant son identité très fière de son coq hexagonal, CRAZY HAMMER non seulement fait mouche sur ses rythmiques mais percute en rafale sur ses paroles ensorceleuses, encore une fois aussi pertinentes que celles de Sortilège pouvaient l’être jadis.

Et ce qui est magique, c’est qu’à chaque chanson, on se dit que cela va être difficile d’accrocher l’oreille aussi intensément jusqu’à la fin, mais pourtant CRAZY HAMMER tient en haleine jusqu’au bout, à vous donner le frisson sur le dernier quart d’heure que l’on pourrait croire américain, mais qui, en fait, est typiquement de chez nous. Preuve en est la balade onirique « We won’t let go », de nouveau ce heavy/speed sur « One more time » parce qu’heavy metal is the law pour achever sans essoufflement sur le dernier titre totalement brûlant et magistral dans ses chœurs épiques.

Il n’est pas vraiment possible de passer à côté d’un tel album qui, puisque les titres ne sont pas vraiment récents, présente toutes les atmosphères old school du hard & heavy français des 80’s afin que sa folie vous martèle de sa puissance mélodique. Indispensable.

Arch Gros Barbare

24/03/2020