HEAVY DAYS


25 décembre 2019
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Le 24 janvier 2020 aura lieu la seconde édition du Heavy Days, ce petit fest de deux jours organisé au Salem, à LE HAILLAN -33- , avec cette fois-ci une affiche très brutale, qui permettra aussi de voir la venue des excellents MORTUARY, aux côtés de AD PATRES, CARCOLH, CARBON SEED, STEATORRHEA et PUTREFIANCE. Grosse soirée qui s’annonce extrême dans ce lieu de perdition désormais mythique de l’agglomération bordelaise. Interview sans tabous avec la tête pensante du HEAVY DAYS: Lilian.
 
Salut Lilian, la date de ce prochain HEAVYDAYS arrive petit à petit, avant de parler de l’évènement en soi, j’aimerais savoir comment tu es arrivé déjà à baigner dans ce milieu, j’ai cru comprendre, que ce n’était pas si vieux, et que tu avais déjà un univers plus punk peut-être que Metal ? Alors d’où viens-tu musicalement ?
Bonjour ! C’est un privilège de répondre à tes questions, et un réel plaisir de participer à l’histoire de Cabale Prod. Il est vrai que je viens plutôt du punk rock (Gluecifer, Bad Religion…). J’ai toujours fait partie d’un groupe depuis mon adolescence. Les choses sérieuses ont débuté sur les bancs de la fac à Lyon (je suis lyonnais d’origine, et bordelais depuis 6 ans uniquement) quand j’ai fondé avec un pote de promo, le groupe Opium en 1997, formation de post-grunge/stoner. Nous avons sorti un EP, fait quelques belles scènes locales (Le Transbordeur, Ninkasi Kao,…), et même récolté de bonnes critiques dans la presse musicale de l’époque (Guitare & Claviers, Best Magazine,…). J’ai toujours écouté du metal, surtout du thrash et du néo (Sepultura, Soulfly, Slipknot…). Mais pour être honnête, l’univers du death m’était totalement étranger. Puis un jour, j’ai découvert le black norvégien : Mayhem, Burzum et surtout Darkthrone… Ce fut une révélation. Après plus de 20 ans de sommeil, il était temps de se remettre à composer.
Le premier HEAVYDAYS avait eu lieu déjà au Salem, ce lieu devenu aujourd’hui, sans doute relativement indispensable à la scène bordelaise parce que le parking, parce que la salle, parce que l’acoustique, parce que l’ambiance, qu’a-t-il de si particulier pour toi pour que déjà tu aies réalisé cette première en janvier 2019 là-bas, je suppose que vu que ça s’est bien passé, c’est pour cela que tu continues là-bas également ?
Tout d’abord, j’habite Le Haillan. On peut donc dire que je suis comme à la maison. C’est d’autant plus vrai qu’on est toujours bien reçu au Salem, par Mickey ou bientôt John. Et puis, les salles de moyenne capacité (autour de 150 personnes), possédant les atouts que tu viens de citer, ne se trouvent pas à tous les coins de rue.
 
 
Mais es-tu seul pour monter cette petite affiche sur deux jours ? Je veux dire, on sait très bien que l’argent ne court pas les rues, et que même si dans l’immédiat ceux que l’on peut voir sur l’affiche sont principalement bordelais, il faut investir pour ce genre de fest en deux jours et ce n’est pas chose facile non plus ? Tu fais tout tout seul ou alors tu es soutenu dans cette démarche par un staff ou autre ?
Je suis seul, aidé simplement par la petite famille le jour J. J’ai créé une association pour la promotion musicale, qui fait aussi office de label de production. J’y engage toujours un peu de deniers personnels, en espérant ne pas trop y laisser des plumes.
HEAVYDAYS, dans quel sens tu le prends, parce que si l’on regarde la première affiche où il y avait déjà Overcharger, Breakdust, Chronicles...ce n’était pas vraiment heavy, mais pour celle qui arrive, elle est très DEATH METAL surtout, et tant mieux diront certains, même si l’on appréciera encore une fois les doomsters de CARCOLH !!! ?
Il devient en effet difficile de trouver un nom de festival, car tout a déjà été utilisé ! (Rires). L’idée de base était de ne fermer la porte à aucun genre de métal, tout en évoquant un concept fédérateur. Je souhaite le plus souvent que l’affiche soit éclectique et variée, puisque la volonté au départ est aussi de faire découvrir la diversité des styles sur un week-end. Il se trouve que la première édition avait une petite tendance southern metal et hardcore (avec Overcharger, Hell In Town, et 589HxC qui avait remplacé Breakdust au dernier moment). Cette édition sera placée sous le signe du death. Celle d’après sera peut-être hair metal, qui sait ? (Rires)
 
Ce qui est bien, c’est que tu fais toujours jouer ton groupe STEATORRHEA, en même temps pourquoi s’en empêcher ? Depuis quand as-tu vraiment eu l’envie de faire de la scène et même si c’est pour le plaisir, oui, de faire des concerts et apprécier cette ambiance spécifique ?
Tu le sais, le métal se doit de s’écouter et de se jouer live. En tant que manager du projet, en partageant l’affiche avec tous ces groupes (hallucinants de technique et de maîtrise), qui par la suite deviennent souvent de bons potes, je me fais plaisir tout en m’achetant des souvenirs pour mes vieux jours…
Bon parlons maintenant de cette prochaine affiche qui aura lieu les 24 et 25 janvier 2020. Comment as-tu choisi les groupes et quand on voit comment est apprécié le nouvel album de MORTUARY, on peut se dire que c’est une bonne chose également. L’affiche est réellement extrême cette fois-ci non ?
Tous ces groupes étaient disponibles au bon moment, à ces dates. Maintenant que tu le soulignes, il est vrai que nous apparaissons comme les moins méchants au vu de l’affiche ! Mais nous avons d’autres atouts à faire valoir, comme notre visuel, le jeu léché de Dr White (le batteur), ou encore le show de scratches et de samples de Dr Green (notre DJ)… Et oui, c’est du punk néo ! (Rires). On va toutefois tâcher de muscler tout ça pour ne pas se prendre une trop grosse branlée ! Nous serons la petite touche de douceur dans ce festival de brutes.
 
 
Dans quel but as-tu décidé de faire cela sur deux jours, qu’est-ce qui t’a posé problème pour ne pas faire ça sur une seule journée, en commençant plus tôt par exemple, comme ça peut se faire à certains endroits ?
Le concept en Open Air me semble mieux adapté pour un festival sur une journée entière. Ici à Salem, nous avions des contraintes de running order : les balances ont lieu l’après-midi et on joue le soir, avec une ouverture des portes à 20h00.
 
 
 
Si la passion est le maître mot, et que l’argent vient en second plan, on s’aperçoit que cela devient difficile pour pas mal de labels qui arrêtent, d’assos qui ne font plus rien, que seules les grosses structures pérennisent, pendant que les petites salles sont vides, qu’est-ce qui selon toi inverserait la tendance, et qu’est-ce qui  est à l’origine selon toi de ce manque de public de plus en plus pesant ?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est quand j’ai vu Soulfly à l’Iboat en juillet de cette année (je suis un inconditionnel de la famille Cavalera) ; il y avait pas mal de monde, mais je n’ai croisé qu’une ou deux têtes familières, par rapport à celles que je croise d’habitude au Salem, à La Voute, ou au BT 59 par exemple ! Tout se passe comme si les gens ne sortaient que pour voir les concerts près de chez eux. Secteur par secteur, quartier par quartier… C’était frappant de voir tous ces girondins avec leur t-shirts métalleux, qui visiblement appréciaient le thrash et connaissaient l’endroit, mais que je n’avais jamais vus ailleurs ! A mon sens, cela illustre les trois travers de notre époque.
Primo : pourquoi s’emmerder à sortir quand on peut se faire livrer, à peu près tout et n’importe quoi, en 10 minutes directement chez soi ?
Secondo : un groupe éveille ta curiosité ? YouTube est là pour te montrer à quoi il ressemble (soulignons au passage, l’importance capitale d’être présent sur les réseaux sociaux si tu veux exister).
Tertio : les gens sont des schizos. Ils gueulent quand un concert est trop cher (et il est souvent trop cher pour la daube qu’ils vont voir), mais si tu leur mets une entrée à 5 euros ou à prix libre, pour eux cela veut dire que les groupes n’ont pas de notoriété et ne sont pas terribles…
Qu’est-ce tu veux que je te dise, je ne peux plus rien pour eux.
 
Puisque tu es maintenant un peu des deux côtés de la scène, jouant avec ton groupe et organisant ce petit fest, est-ce que la vision double qu’on peut avoir permet aussi de dire à certains groupes, qu’ils sont un peu trop gourmands par rapport à l’affluence qu’ils sont susceptibles d’apporter ou par rapport aux demandes faites pour le soir de la prestation, matériel musique ou logistique pure ?
C’est difficile à dire. Je ne me permettrais jamais de dire à un groupe qu’il demande trop par rapport à sa notoriété. La musique, de la composition à sa logistique, demande du temps et de l’investissement. Si un groupe estime valoir une telle somme, ou avoir telle ou telle doléance, c’est son droit. Au directeur du festival d’accepter ou non. Ceci étant dit, voici mon point de vue général sur le « music business » : un groupe ne devrait toucher de l’argent que de ses entrées de concerts. Point. Ce n’est pas un métier. Le professionnalisme dans la musique, cela veut dire quoi exactement ? Que tu vis de ta musique (et pour certains, grassement !), que tu y consacres tout ton temps, ou que tu es un cador dans ton domaine ? Si un jour, comme Maiden ou Metallica, cela te permet d’arrêter de taffer et de ne faire que ça, et bien tant mieux pour toi. Mais d’ici là, continue surtout de te produire, de composer et de régaler ton auditoire. Ce n’est pas parce que tu auras plus de temps devant toi pour jouer, que ce que tu sortiras sera meilleur. Gagner de l’argent rend libre, surtout de faire ce que tu veux comme tu le veux. Dans la musique, c’est l’inverse : ne pas chercher à en avoir te permet de rester libre, de jouer ce qu’il te plaît comme il te plaît. Et de ne pas te fourvoyer.
Pour réaliser une date en janvier 2020, tu t’organises combien de temps à l’avance, que ce soit en recherche de groupes, en décla, et tout le reste d’ailleurs ?
Je m’y prends généralement 5 mois à l’avance (début septembre), des premiers contacts à la diffusion de l’évènement, en passant par le design de l’affiche et sa reproduction.
 
Quand on fait une deuxième, c’est qu’on a envie de réitérer la chose, quel que soit le résultat du premier round, alors qu’attends-tu de cette prochaine édition ? Est-ce qu’au-delà de se faire plaisir tu attends autre chose ?
D’être à l’équilibre ! On ne gagne pas d’argent à faire ce que je fais. L’idée, c’est de ne pas en perdre ! Je cherche avant tout à entretenir la flamme du métal sur la région, et de grandir petit à petit si cela est possible. Et si à l’avenir les HeavyDays devenaient un élément incontournable des évènements musicaux bordelais, ce serait déjà pas mal. D’autres font des choses excellentes sur la région, et encore mieux ficelées ; je pense notamment à Victor et son Festival 666 à Cercoux (17).
Il y a des préventes ou pas ? Explique tout bordel explique !!!!!
Rien de tout ça ! Les places seront en vente sur place à 7€, avec un Pass 2 Jours pour 12 €. Il y aura normalement de la place pour tout le monde ! Si c’est sold-out dans la soirée, ce sera champagne…
Bon et quelle est ton actualité personnelle musicale ? J’ai ouï dire que tu préparais quelque chose avec un bon batteur de la région bordelaise ?
Les nouvelles vont vite ! En effet, je monte un nouveau projet en faisant appel à Laurent Fortier de Carbon Seed et Archaic Icon. Un des rares batteurs à pouvoir tenir un rythme de 300 bpm durant plusieurs morceaux. Nous sortirons un album de black metal dans le courant du premier semestre 2020 qui sera, je pense, d’une noirceur et d’une violence inouïes. Ce duo devrait s’appeler ST-SEPULCRE, à la façon de Fenriz et Nocturno Culto qui sont mes idoles. Et ce ne sera pas du métal chrétien malgré la référence, si tu vois ce que je veux dire ! Je cherche tout simplement à sortir le meilleur album de black que la Terre ait jamais entendu. Mais attention, je ne suis pas un ARTiste car je ne fais pas de l’art, je le détruis…
Allez c’est la fin des mots, si on a oublié quelque chose, c’est à toi de le dire...
C’est surtout la fin des maux, car c’était une véritable torture ton interview ! Tu ne quittes jamais vraiment l’univers du death à ce que je vois (Rires)… Rien à rajouter. Merci énormément pour l’ensemble de ton oeuvre et longue vie à toi !
Liens:
 
Labels: XENOKORP: https://www.xenokorp.com/
 
FEST: OUVERTURE DES PORTES À 20H00. Restauration « Snack » sur place. le VENDREDI 24 JANVIER : MORTUARY (Death), CARCOHL (Doom Death) et STEATORRHEA (Punk-Neo) Le SAMEDI 25 JANVIER :AD PATRES (Death) , CARBON SEED (Brutal Death), et PUTREFIANCE (Death Old School)
296, avenue Pasteur - Zone d'activites Les Sables - 33185 LE HAILLAN., 33185 Le Haillan
Arch Gros Barbare 25/12/2019