22 février 2026

GROUPE: LE COVEN DU CARROIR
TITRE ALBUM: Tenebrae fabulae
LABEL: Chapitre XIII
DATE DE SORTIE: 2025
C’est dans une atmosphère des plus lugubres mais également martiales que LE COVEN DU CARROIR évolue. Si la renommée de ce groupe de black metal est encore à confirmer, sachant que son inspiration est tout de même nettement bien affirmée, sa musique est sans nul doute très efficace pour qui tombe dans la nasse de ce coven démoniaque où les traditions païennes sont légion.
LE COVEN DU CARROIR c’est effectivement une entité devenue groupe qui vient du Berry, les traditions sont respectées et l’esprit de la musique est très proche de ce black metal à l’ancienne qui aime la mélodie, les ambiances et les orchestrations infernales. Ce premier album « Tenebrae Fabulae » empreint de sorcellerie offre exactement la vision d’un croisement où tous les maîtres es sorcellerie se réunissent pour invoquer collégialement le Malin et faire monter ce tourbillon de tourmente dans les oreilles de tous les hérétiques. Et l’artisan à l’origine de cette fresque païennement locale n’est autre que le sorcier du Berry.
Voici donc un album de sept titres qui fait moins de quarante cinq minutes, mais qui se pose sur une production véritablement subtile et propre où ce côté cristallin permet à la musique du COVEN DU CARROIR de mieux prendre possession de l’environnement et de s’installer en guise de décor final dans vos routines journalières.
On y reconnaît sans doute quelques écoutes de Satyricon , notamment de l’époque très martiale convenue de « Now, Diabolical » avec cette batterie régulière et obsessionnelle qu’il y avait sur cet album, la particularité étant que LE COVEN DU CARROIR joue avec les percussions à l’aide d’une batterie programmée, ce qui rend le tout peut-être encore plus indus par moments.
Et le côté indus black metal est tout de même bien présent sur ce premier album, même s’il n’en est pas sa source principale. Ainsi alors se joue « Black female » un titre magistral , orchestré à merveille où ce côté accessible du début de titre se perd dans la profondeur d’un black metal sombre mais mélodique et où la vitesse n’est pas la priorité dès que l’atmosphère est véritablement en place.
Guerrier comme sur les albums d’Hades (les norvégiens d’Hades Almighty ), particulièrement « The dawn of the dying sun » LE COVEN DU CARROIR ne se donne aucune limite pourvu que cela serve la musique. Ainsi « Devil’s bridge » brille par sa noirceur orchestrale, mêlant les rythmiques les plus lentes présentes sur une chanson de chaque album de Marduk telle une « Funeral dawn », avec cette envie constante de ne jamais perdre de vue que la mélodie doit guider la noirceur. C’est pour cela que les accélérations sont accompagnées d’orchestrations qui donnent à la musique du COVEN ce côté Cradle of Filth des premiers albums.
Et pourtant le no no nonono no nonono no there’s no limit ne s’arrête pas là, parce que « Bean Nigghe » qui possède une aura suprême en matière d’orchestration , se montre de son côté extrêmement black indus voire très electro sur sa batterie programmée où les ombres de Mysticum viennent tout de même embrasser l’essence de la chanson. Et le rendu martial est totalement époustouflant.
Tandis que « A new age has come » d’antichambre sur l’exploration d’un nouveau monde avec des sonorités très modernes et avant gardistes, LE COVEN DU CARROIR laisse sortir ses maléfices avec une inspiration des plus cornues.
« A new age has come » flirte avec les styles , mais affirmant sans effort l’esprit très black metal du COVEN DU CARROIR et sa capacité à écrire de la bonne musique , puissante et pertinente ; parce que ce titre est tellement effréné qu’il désarçonne toute l’audience d’un trait, d’un seul.
Avec un visuel totalement humble et simple, guidé par l’envie de conserver les histoires d’antan, le COVEN DU CARROIR trompe son monde et le détourne malgré lui de son contenu, parce que cet album est de haute qualité et haut en couleurs, même si elles demeurent sombres ; l’on se perd dans les méandres maléfiques de « Torning the veil » où les guitares sont encore une fois de plus martiales, tandis que l’ambiance vient lentement avec son air moribond pour mieux imposer un titre efficace qui matraque violemment à la fin du chemin…
Tout comme l’aussi violente et pertinente « Gods of old » qui définitivement offre à l’album ses lettres de noblesse.
Et si en fin d’album vous possédez l’édition avec la reprise de Satyricon « The pentagram burns », vous comprendrez qu’il n’y a pas de hasard et que la boucle est bouclée.
LE COVEN DU CARROIR entre par la grande porte avec ce premier album, reste à savoir de quel temple du mal il s’agit...
Arch Gros Barbare
22/02/2026