24 février 2026

GROUPE: HEMISPHERE CORP
TITRE ALBUM: Defenestrate Chicken Warfare
LABEL: Acid vicious
DATE DE SORTIE: 2024
Deux ans que ce petit étron attendrissant est sorti. De la poésie, de la recherche, de l’introspection, du travail intellectuel réellement fouillé . En fait c’est à chier, mais c’est beau, un peu comme une grosse merde mais avec un collier de diamant.
HEMISPHERE CORP c’est une espèce de petit frère malformé de groupes tels que les très vieux ultra vomit de l’époque de « Kebabized » ou « Mr Patate », parmi lesquels sont venus à poil pour bien se mêler à la consanguinité, des Defecal of gerbe, avec un soupçon de sérieux à la Upper Decker, ou encore les moments les plus romantiques de Gronibard de la toute première vague d’inspiration et les passages les plus rock de Crotchduster. C’est le petit frère qui tient l’intérieur de ta poche de pantalon, celui qui te suit partout avec sa casquette à l’envers pour essayer de mettre son cerveau à l’endroit. HESMISPHERE CORP, c’est ce qui te fait travailler l’hémisphère gauche, celui de la logique, de la parole, de l’écriture, de la lecture, en effaçant de manière permanente le travail de l’hémisphère droit avec son imaginatif, son créatif à la noix…
Evidemment que c’est grind et death , que c’est burlesque, que c’est grotesque, que ça parle de poulets, il n’y a qu’à regarder la pochette, les hormones sont de retour et on ne sait pas qui sera le dindon de la farce ! Donc ce « Defenestrate chicken warfare » nous ramène quelques années en arrière, une bonne vingtaine a minima, et une bonne trentaine pour être plus précis.
Ce projet né de HEMISPHERE CORP pourrait paraître débile, mais quand on sait que le sieur a également écrit un album de black metal autrement plus sérieux avec SVENDIGGER, on peut comprendre que cet album soit un défouloir de grind/death un peu gore et humoristique avec en fait lorsque l’on sy penche de plus près, beaucoup de passages personnels de styles divers tels que du death, du grunge ou encore du thrash. Le tout situé entre le monde de l’absurde et l’amour de la musique extrême.
Le décor étant planté, c’est hypnotique : la voix est porcine comme celle de Defecal of Gerbe, sans tomber dans la logorrhée (diarrhée verbale pour les intimes) , beaucoup de samples sont présents comme bien souvent pour imager le propos et vous n’avez pas à craindre grand-chose, puisque les seize titres, (comprenant les deux bonus) font à la louche vingt minutes. Vingt minutes de patchwork artisanal enregistré dans une grange entre grind et death où la vitesse de l’ « Houraken » vous entraîne dans le plus grand vortex de saucisse de touts les temps. Avec du riff aussi gras que l’arrière train de ta maman, HEMISPHERE CORP se laisse aller dans la joie et l’allégresse , comme un juilletiste au camping des lilas.
Pourtant au milieu de toute ce beau bordel, il y a des riffs cachés nettement plus sérieux, d’abord on le remarque sur « Demenbratausorus » où l’exotisme pointe le bout de son nez, ou encore sur « Repentarium patricus », un titre aussi digne que le meilleur épisode des simpsons (Avec un « p » comme dans alors on n’attend pas Patrick?).
Oui, les plus cartésiens seront perdus, les plus psycho-rigides seront distendus, parce que la folie Crotchduster/Upper decker touche fortement HEMISPHERE CORP donc entre sérieux et passages loufoques que ce soit vocalement ou guitaristiquement, on sent que les gauloiseries de ce projet, auront un accueil grand ouvert par les amateurs de grind death complètement fou. Mais pas que, car en matière de grunge, Nirvana est à l’honneur sur « Defenestrator 2000 ».
On ressent quelques réminiscences de Ultra Vomit sur « Massive chicken attack », dans le riff lourd et gras, tandis que ça blaste comme un client qui a la tourista à la recherche des toilettes perdues sur « Christmas time ».
En fait c’est un album réellement aéré, complètement dingue, mais qui s’écoute avec plaisir, pourvu que l’on soit évidemment amateur de dingueries. Les vocaux sur « Chistmas time », sont succulents, alors que « Bulle périer » explose comme une eau gazeuse en pleine face sur un riff bulldozer très death metal et que « Daube Herman » s’arrache de façon plutôt thrash.
Les attirances du géniteur de HEMISPHERE CORP demeurent pourtant toujours là puisque la facette electro est bien présente avec « Noot noot feat Mozart », c’est léger et ça se mange sans fin.
Vous irez jusqu’au bout, jusqu’à la folie cartoon des deux bonus, parce que la curiosité fait partie de vous.
Un album court, joué de manière complètement abracadabrantesque où rien ne va bien ensemble mais l’ensemble va bien.
Vous l’aimerez ou le détesterez, mais de toutes façons sachez que les dindons vous regardent...
Arch Gros Barbare
24/02/2026